Cooperl, Groupe coopératif agricole production porcine
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Face à la faillite du MPB, Cooperl se voit contrainte d’adapter seule le prix auquel elle paiera ses adhérents

Lamballe, le 25 septembre 2015

Qui est Cooperl ?

Cooperl est une coopérative de 2 700 éleveurs et n’a pas d’autres actionnaires que ses éleveurs de porcs adhérents. Le destin de la Cooperl est lié à celui de ses éleveurs et réciproquement. 

La coopérative est dirigée par un Président, élu par un Conseil d’Administration composé d’éleveurs, et par un Directeur Général assisté d’un Conseil de Direction.

Le dialogue entre eux est permanent, les administrateurs se réunissent au siège social de la coopérative tous les 15 jours environ.

Cooperl reste une des seules coopératives spécialisées en porcs dont les outils industriels permettent de valoriser la production de ses éleveurs adhérents.

 

Quels sont les approvisionnements et les marchés de la coopérative ?

Cooperl n’achète pas de porcs à l’étranger. La coopérative achète tous les porcs de ses adhérents qui sont des éleveurs du Grand Ouest de la France.

Ces porcs représentent 100% des approvisionnements de la coopérative.

Tous les porcs commercialisés par la coopérative sont 100% français.

Ces porcs sont abattus, découpés et transformés dans les 3 abattoirs de la coopérative et vendus à la grande distribution française, aux grossistes, aux salaisonniers et à l’export. 

35% de la viande vendue par la coopérative est commercialisée à l’export ; ce qui l’expose à la concurrence étrangère, et notamment celle de l’Allemagne. 

La viande vendue sur le marché français est elle aussi soumise à la concurrence de la viande européenne qui rentre sur notre marché national via les produits transformés.

 

Pourquoi Cooperl n’achète plus de porcs depuis août dernier au Marché du Porc Breton (MPB) ?

En fonctionnement normal, le MPB est un marché au cadran où se confrontent l’offre et la demande de porcs pour en déterminer un prix économique.

Face à la crise de la production porcine française (dont les causes fondamentales sont les distorsions fiscales, sociales et environnementales avec l’Allemagne), le gouvernement a mis en place une entente qui a conduit à manipuler le cours pour le porter artificiellement à 1€40.

Ce prix, salutaire à court terme pour les éleveurs, a déplacé la crise dans les abattoirs. Ceux-ci achètent aujourd’hui les porcs français plus chers aux éleveurs mais les vendent à perte car les prix des animaux vivants sur le marché européen sont beaucoup plus bas.

Pour assurer sa survie, celle de ses 2 700 adhérents et de ses 5 000 salariés, Cooperl a donc dénoncé cette entente au MPB et le dysfonctionnement majeur qui s’en est suivi, en s’en retirant.

 

Quelles sont les demandes de la Cooperl ?

Malgré la détérioration alarmante de ses indicateurs économiques, Cooperl poursuit son effort pour soutenir ses éleveurs adhérents en continuant à ramasser et abattre tous leurs porcs. Notre coopérative est parfaitement consciente des difficultés de la filière et souhaite contribuer à son redressement, et ce au profit de tous les éleveurs de porcs. 

C’est pourquoi, Cooperl a formulé auprès du ministre de l’Agriculture les mesures concrètes suivantes qu’il convient de prendre sans délai et qui auront un impact certain sur la compétitivité des producteurs français sur le long terme : 

  • Export : mise en place d’une aide européenne d’urgence visant à dégager le marché intérieur de la surproduction conséquente à la fermeture du marché russe. 
  • L’étiquetage de l’origine : ordonnance gouvernementale rendant obligatoire immédiatement l’étiquetage de l’origine des viandes dans les produits transformés. 
  • Coût du travail : allègement sectoriel massif des charges sur le travail pour retrouver une compétitivité face au travail détaché auquel ont recours à grande échelle les opérateurs allemands.
  • Fiscalité : compensation des agriculteurs français pour l’avantage fiscal que représente la ‘TVA forfaitaire’ accordée aux producteurs allemands.
  • Réglementation : allègement de la sur-réglementation française en matière d’installations classées pour l’aligner sur les exigences européennes et faciliter ainsi la restructuration et la modernisation des élevages. 

 

A date, aucune de ces mesures n’a été mise en œuvre.

 

Quelles sont les conséquences pour les éleveurs adhérents de la coopérative ?

Depuis le 10 août, c’est-à-dire depuis 7 semaines, Cooperl a formulé explicitement des demandes de réforme structurelles du MPB pour que la manipulation des cours n’y soit plus possible.

Deux nouveaux acheteurs ont quitté le marché le jeudi 24 septembre et la cotation n’a pas eu lieu. Cooperl prend donc ses responsabilités. Après délibération et vote du Conseil d’Administration, la coopérative se voit contrainte de payer les animaux vivants de ses adhérents sur la base d’un prix d’acompte tenant compte de la réalité du marché. Cette décision prend effet au 28 septembre.

Ce prix d’acompte sera porté à la connaissance des adhérents chaque semaine. C’est un prix provisoire qui, si les conditions le permettent, sera complété.

La coopérative poursuit par ailleurs sa stratégie de recherche de valeur ajoutée au bénéfice des éleveurs.