S’engager pour la santé des consommateurs, respecter la santé et le bien-être des animaux et de ceux qui s’en occupent, voilà le défi que nous nous sommes lancés en 2013 avec pour objectif de répondre aux nouvelles attentes sociétales en matière de lutte contre l’antibiorésistance. Après 2 ans de développement et 5 ans de déploiement, nous sommes aujourd’hui fiers d’être le premier producteur au monde de porcs élevés sans antibiotique.

Pourquoi nous engageons-nous dans la lutte contre l’antibiorésistance ?

En Europe, 25 000 personnes meurent chaque année des suites d’infections causées par des bactéries porteuses de gènes de résistance aux antibiotiques. Si cette cause de mortalité est encore loin de celles des cancers ou accidents de la route, l’antibiorésistance pourrait bien devenir dans les années à venir la première cause de mortalité au monde. Dans les pays d’Asie, les niveaux de résistance sont tels qu’il n’existe plus que quelques rares molécules encore efficaces (en Europe, ces antibiotiques sont dits critiques et sont réservés à la santé humaine). Mais d’où viennent ces bactéries résistantes ?

Qu'est ce que l'antibiorésistance ?

Toute utilisation d’antibiotique, que ce soit en médecine humaine ou vétérinaire, effectue ce que l’on appelle une pression de sélection. Celle-ci est exercée sur les bactéries ciblées d’une part, généralement pathogènes, sensibles et impliquées dans la maladie que l’on veut traiter, et d’autre part sur les bactéries non ciblées, par exemple celles présentes dans le tube digestif lors de traitements antibiotiques par voie orale. Dans certaines situations, l’élimination des bactéries sensibles peut laisser la place à d’autres bactéries, naturellement porteuses de gènes de résistances qui, en plus de voir leur population augmenter, vont pouvoir également échanger ces gènes de résistance avec des bactéries jusqu’alors sensibles. Bref, un vrai cercle vicieux.

Un point phare de notre engagement auprès de nos clients et consommateurs

Fort d’un premier succès dans le domaine du bien-être animal avec l’arrêt de la castration, nous avons décidé, en 2013, de nous attaquer au problème de l’antibiorésistance. Notre ambition était forte, au-delà même du plan national EcoAntibio qui demandait une baisse de 25 % de l’usage des antibiotiques.

En pratique, comment fait-on pour réduire l’usage des antibiotiques ?

Tout commence par la volonté de l’éleveur de rentrer dans la démarche PSA (Porc élevé Sans Antibiotique). Dès qu’il en fait la demande, les équipes techniques et sanitaires du Groupement d’éleveurs réalisent un audit global de l’élevage. Celui-ci a pour finalité d’identifier les facteurs de risques et de définir et prioriser les axes d’amélioration. La rationalisation de la conduite d’élevage et le respect des bonnes pratiques sont au cœur de cette première étape. Notre organisation en filière, soutenue par nos filiales spécialisées dans la plupart des métiers de l’élevage, permet d’accompagner l’éleveur dans la mise en place de solutions éprouvées. Le suivi permanent de l’efficacité de ces solutions permet à l’éleveur, à terme, de rejoindre le cahier des charges PSA (pas d’antibiotique dans l’aliment, niveau d’exposition(1) des animaux de l’élevage aux antibiotiques inférieur à la moitié de la moyenne nationale). Le passage en PSA est validé après une période suffisante de stabilité sanitaire. Celle-ci doit faire état de la capacité de l’élevage à fonctionner dans le cadre prévu par le cahier des charges sans compromettre les performances, la santé et le bien-être des animaux. 

(1) le niveau d’exposition correspond globalement au nombre de traitements par animaux

 

Quelles sont les innovations que nous avons développé pour réduire le recours aux antibiotiques ?

Les innovations qui ont été développées ces dernières années pour arriver à produire du porc élevé sans antibiotique sont nombreuses et l’ont été à quasiment tous les niveaux de l’élevage :

  • développement de solutions détergentes et désinfectantes efficaces contre les pathogènes les plus résistants, et ce dans les conditions compatibles avec leur usage (basse température, saleté haute),
  • formulations originales d’aliments à risques digestifs maîtrisés (teneurs en fibres, faible matière azotée),
  • partenariat avec des instituts de recherches publics et privés pour développer des outils de diagnostics des facteurs de risques biologiques (mesure de l’inflammation, du stress oxydant), avec développement de solutions alternatives adaptées (complexes anti-oxydants, probiotiques, …),
  • médecine de précision avec algorithmes prédictifs et outils d’aide à la décision, et plus largement élevage connecté (suivi des températures de salle, des consommations d’eau et d’aliment, …),
  • travail sur la robustesse des animaux,
  • dispositifs innovants de désinfection de l’eau de boisson et de filtration de l’air.

 

Pour aller plus loin

La mise en place et la généralisation de ce cahier des charges ont été possibles grâce à l’identification des facteurs de risques en élevage, l’investissement des éleveurs dans la mise en place de mesures correctives (eau, bâtiment, aliment,…), le recours de plus en plus systématique à la vaccination ou à des alternatives nutritionnelles de type probiotiques, phytothérapie ou homéopathie, et grâce à la mise en synergie des équipes et expertises autour des plans de progrès des éleveurs. Nous avons ainsi réussi, en quelques années, à diviser par 4 les niveaux d’exposition des animaux aux antibiotiques chez près de la moitié des élevages adhérents (soit environ 50 % de leur production). Et depuis 2016, nous mettons notre expertise au profit de la filière bovine.