Nous avons initié l’arrêt de la castration des porcs dès 2008. Toutes les branches de la filière Cooperl se sont mobilisées et ont travaillé en synergie pour mieux comprendre les incidences dans chacune des activités.

La mise en oeuvre de cet engagement a été possible grâce  à notre organisation en filière et à notre maîtrise de l’ensemble des métiers du porc. La production d’animaux non castrés impacte en effet les choix génétiques, une modification de  la conduite d’élevage, l’alimentation, le bâtiment et la valorisation des viandes. 

Pourquoi les porcs étaient-ils majoritairement castrés ?

Deux composés présents dans les tissus gras du porc, l'androstérone et le scatol, peuvent donner à la viande une odeur particulière, qui peut être jugée désagréable. Ces viandes sont alors qualifiées d’odorantes. C’est pour cette raison que la castration des mâles est une pratique historique voire ancestrale comme c’est le cas dans d’autres espèces animales consommées (le boeuf, le mouton …).

4 ans de recherche et développement et un investissement de 2 millions d'euros

Grâce à une phase d’essais menée dans plus de 40 élevages, Cooperl a été capable de proposer des actions concrètes et viables à ses éleveurs adhérents. En élevage, les actions de recherche ont porté sur la caractérisation des types génétiques, sur l’expression du caractère ‘viande odorante’, sur les connaissances des besoins alimentaires des animaux non castrés et sur la conduite d’élevage. En abattoir, nous avons travaillé sur la détection des carcasses odorantes et la recherche de valorisations possibles de ces viandes.

L’ensemble des résultats obtenus nous ont permis de mettre en place en toute sécurité le cahier des charges “Porc bien-être”. Nous garantissons à nos adhérents l’équilibre économique et aux consommateurs des produits de qualité qui ne présentent aucune odeur.

 

L’évolution des pratiques en élevage

Emmener nos éleveurs vers l’arrêt de la castration ne pouvait se faire sans leur proposer un plan d’actions viable pour réduire les taux d’hormones responsables des viandes odorantes.

Le principal levier d'action pour réduire la teneur en androsténone est la sélection génétique. La production de scatol est quant à elle davantage liée à l’activité intestinale des animaux et à la propreté du logement. Ces deux leviers doivent être accompagnés d’une conduite d’élevage attentive à la réduction du stress des animaux (respect des surfaces, accès à l’auge, présence de jouets, d’aliments appétents).

Les équipes de notre branche Groupement d’éleveurs se sont mobilisées pendant plusieurs années pour conseiller au mieux les éleveurs qui souhaitaient s’engager. Les équipes sont d’ailleurs toujours investies pour inciter les adhérents qui ne se sont pas encore engagés.

L’adaptation de notre chaîne d’abattage et la valorisation de la viande

Sur la chaîne d’abattage, l’enjeu est aussi de taille. Nous devons garantir à nos clients, et aux consommateurs, la même qualité de viande qu’auparavant. Ainsi, dès le lancement du nouveau cahier des charges auprès de nos adhérents, nous avons mis en place des équipes de “nez humains” sur les chaînes d’abattage de nos 3 usines. Elles sont chargées d’apprécier l’odeur de la carcasse et de lui attribuer une note. Si elle est jugée odorante, la carcasse est écartée de la chaîne pour être valorisée différemment. Cette équipe est aujourd’hui composée de 20 personnes.

Des bénéfices multiples : pour les éleveurs, les animaux et l’environnement

Outre la suppression d’une tâche physique et ingrate pour les éleveurs et salariés, l’arrêt de la castration présente d’autres atouts pour l’animal, l’éleveur et le consommateur : 

  • suppression de l’injection pour la prise en charge de la douleur,
  • moindre consommation d’aliments, donc amélioration des coûts de production, moindres surfaces agricoles nécessaires pour nourrir un animal et moindres rejets environnementaux de nitrates et de phosphore,
  • carcasses et viandes plus maigres, donc mieux rémunérées pour les éleveurs et plus diététiques pour les consommateurs,
  • moins de risque de maladies du fait de la suppression d’une voie potentielle d’entrée de germes, donc moindre consommation de produits vétérinaires.

Ce dernier bénéfice nous a permis d’engager nos adhérents dans la voie de l’élevage sans traitement antibiotique dès la fin du sevrage. A ce jour, plus de 400 éleveurs adhèrent à cette démarche.

 

80 % des adhérents Cooperl ne castrent plus leurs animaux
14 millions de porcs mâles entiers ont été produits depuis le lancement du cahier des charges